Le paysage médiatique marocain est concentré, multilingue et asymétrique. Selon le Digital News Report 2025 du Reuters Institute, 78% des Marocains s'informent en ligne, avec une part majeure via les réseaux sociaux et la messagerie. Une étude citée par Hespress elle-même confirme que le site domine très largement l'audience en ligne, loin devant Le360 (17% d'usage hebdomadaire) et Medi 1 Radio (10%). Pour une plateforme d'intelligence réputationnelle, cette concentration n'est pas un détail de methodology — c'est le premier paramètre.
Pourquoi 20+ sources, ni plus ni moins
La tentation de couvrir « toutes les sources » est contre-productive. Au Maroc, 80% du signal réputationnel pertinent est produit par moins de 25 sources. Couvrir 200 sources ajoute du bruit, du coût de traitement et de la latence, sans améliorer la détection. La règle de Harch Atelier : 20 à 30 sources soigneusement sélectionnées, stratifiées par fonction éditoriale, mises à jour semestriellement.
Cartographie opérationnelle
Nous structurons les sources marocaines en cinq familles fonctionnelles. Chacune joue un rôle distinct dans la formation du récit réputationnel.
Hespress : la source à part
Hespress mérite un traitement spécifique. Première source d'information en ligne du pays, elle combine trois caractéristiques rares : un volume éditorial élevé (plusieurs dizaines d'articles par jour), une section commentaires extrêmement active où se joue une part importante du débat public marocain, et une audience qui dépasse largement les frontières du Maroc. Pour le monitoring réputationnel, Hespress n'est pas une source parmi d'autres — c'est une source à double entrée : articles d'une part, commentaires de l'autre. Les commentaires hébergent le sentiment public brut, en Darija, avec une densité informative qu'aucune autre source n'égale.
TelQuel et Medias24 : le double axe francophone
Le binôme TelQuel / Medias24 structure le récit francophone marocain. TelQuel porte la function analytique et investigative ; Medias24, sous une forme plus économique et factuelle, capte l'audience des décideurs et des investisseurs. Ensemble, ils définissent ce que la frange francophone du pays (décideurs, institutions, diplomatie) lira comme cadre d'interprétation d'un événement réputationnel. Une plateforme sérieuse doit couvrir les deux, et différencier leur traitement : TelQuel pour le cadrage, Medias24 pour l'amplification décideurs.
Le360 et la vélocité
Le360 occupe une position singulière : vélocité élevée, tonalité souvent engagée, capacité à générer des pics d'attention en quelques heures. Pour le monitoring de crise, Le360 est un capteur de vélocité — pas une source de cadrage. L'asymétrie entre TelQuel (lent, structurant) et Le360 (rapide, surfacique) est exactement le genre de paramètre qu'un algorithme de priorisation doit modéliser.
Les sources à exclure (et pourquoi)
Toute cartographie sérieuse doit aussi nommer ce qu'elle exclut. Nous excluons les agrégateurs automatiques sans opération éditoriale (qui produisent du bruit dupliqué), les sites dont l'audience est inférieure à un seuil mesurable (qui n'ont pas d'impact réputationnel), et les sources identifiées comme fermes à contenu par notre détecteur. Cette discipline d'exclusion est aussi importante que la sélection positive.
Le cas des réseaux sociaux et messageries
Les réseaux sociaux (Facebook, X, TikTok, YouTube) et les messageries (WhatsApp) ne sont pas des sources au sens éditorial — ce sont des canaux de diffusion. Ils méritent un traitement séparé car ils obeissent à une logique de viralité, pas de couverture. Harch Atelier les intègre via des partenariats de signal agrégé anonymisé, complétant la cartographie éditoriale par une couverture conversationnelle.
La mise à jour semestrielle
Le paysage médiatique marocain évolue : fermetures, lancements, bascules éditoriales. Notre cartographie est auditée semestriellement. Un site qui gagne en audience entre dans la base ; un site qui décroît en sort. Cette discipline maintient la pertinence du signal et évite la dérive vers une couverture exhaustive mais peu utile.
“La qualité d'une plateforme de monitoring se mesure à la qualité de sa liste de sources. Une mauvaise liste ne se rattrape pas par l'algorithme.”— Leila Idrissi, Harch Atelier
La base de sources de Harch Atelier couvre 30+ titres marocains et panafricains, audités semestriellement selon une grille publique. La méthodologie de sélection et la liste nominative sont publiées dans notre documentation méthode.